Sola Fides – 2e Partie

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Nous avons considéré la semaine dernière que la vie chrétienne ne consiste pas d’essayer de se prouver digne de l’amour de Dieu (clairement nous ne le sommes pas), mais de recevoir par la foi la preuve de l’amour de Dieu manifesté dans le sacrifice de Jésus Christ.

Lorsque les réformateurs mirent l’accent sur le fait que l’homme est justifié devant Dieu par la foi seule, c’était toujours en opposition à l’idée que les “oeuvres” contribuaient de quelque manière que ce soit à établir cette justification. Le concept d’oeuvre couvre ainsi tout effort humain visant à se justifier devant Dieu, qu’il s’agisse d’une vie spirituelle bien réglée, d’une générosité sans borne envers les pauvres, ou de “s’acheter des indulgences”. Jésus n’avait-il pas dit à ses disciples que « l’œuvre de Dieu est de croire en celui qu’il a envoyé »? (Jean 6.29)

Une vie de sacrifice

Est-ce à dire que la vie chrétienne est exempte de sacrifices? Au contraire, Dieu nous invite à nous offrir à Dieu comme sacrifices vivants! (Rom 12.1) Jésus affirme à ses disciples que celui qui veut être son disciple doit prendre sa croix et le suivre. (Luc 14.27)

Dans l’Ancien Testament on trouve trois grandes catégories de sacrifices : le sacrifice propitiatoire (qui cherche à obtenir la faveur de Dieu), le sacrifice expiatoire (qui cherche à effacer le péché), et le sacrifice d’action de grâce. Christ a pleinement accompli les deux premières catégories, celles desquelles dépend la justification. La seule catégorie de sacrifice qui demeure pour le croyant s’appuie sur une justification déjà pleinement établie en Christ, c’est celle du sacrifice d’action de grâce.  Ainsi, le chrétien n’est pas définit par ce qu’il fait, mais en qui, par qui et pour qui il « fait ». Ça c’est vivre par la foi.

Dans les mots de la Confession de Foi de La Rochelle :

« Ainsi la foi non seulement ne refroidit pas en nous le désir de bien et saintement vivre, mais au contraire l’engendre, l’excite et produit nécessairement des œuvres bonnes ».

Sola Fides, un vaccin efficace

Sola Fides, en exigeant que notre justification s’appuie sur la foi seule, agit comme une sorte de vaccin qui nous protège de deux maladies mortelles de la foi: celles du laxisme et du légalisme.

Le légalisme consiste à tenter d’ajouter au sacrifice de Christ pour notre justification. C’est l’erreur de certains Galates qui avaient voulu « ajouter » à l’Évangile en ajoutant comme nécessaire au salut des exigences de la Loi. Il s’agirait là non pas de Sola Fides, mais de Fides+X. L’autre maladie semble opposée au légalisme mais lui est fondamentalement similaire : il s’agit du laxisme, aussi connu sous le nom d’antinomisme (du grec anti (contre) et nomos (loi)). Un laxisme qu’on retrouve parfois sous certaines formes de « revivalisme » poussé à l’extrême où la « foi en Jésus » se résume à une décision qu’on aurait prise à un certain moment donné, en « acceptant Jésus dans notre cœur », mais en continuant de chercher une justification qui ne vient pas de Dieu. Si le légalisme consiste à essayer considérer le sacrifice de Jésus-Christ comme insuffisant, l’antinomisme consiste à continuer à sacrifier à des idoles… au cas où. 

Jésus, le chemin étroit

L’approche de Jésus, durant son ministère terrestre, consistait donc à proposer deux remèdes diamétralement  opposés à ceux qui étaient affectés par l’une où l’autre de ces maladies. Aux gens religieux, scribes et pharisiens, Jésus leur montrait qu’ils sous-estimaient la justice de Dieu parce qu’ils croyaient être en mesure d’accomplir sa loi. Il le faisait en exposant à quel point malgré leur légalisme, ils étaient encore trop laxistes pour Dieu. Aux gens de mauvaise vie, collecteurs d’impôts, prostituées, Jésus les amenaient à comprendre qu’ils sous-estimaient la miséricorde de Dieu. Que la grâce et le pardon de Dieu leur était donné gratuitement par la foi en lui. Sola Fides.

Le même remède s’offre à nous aujourd’hui: lorsque nous nous sentons trop mauvais pour recevoir la faveur de Dieu, nous devons revenir à la foi que c’est Christ qui confère cette faveur, pas nous. Lorsque nous commençons à nous sentir juste à cause de notre “religion”, nous devons de la même manière revenir à la foi et nous repentir même de notre désir de nous auto-justifier devant Dieu.

Remettre les oeuvres à leur place

Finalement, tout ce que fait “Sola Fides”, c’est remettre les oeuvres à leur place dans l’équation du salut. Le bien qu’on fait n’est jamais une cause nécessaire au salut, mais est toujours une conséquence nécessaire du salut.

 

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